Tu veux une bonne blague ?

Il est presque impossible de se décider à lire (sans parler d’acheter) l’histoire d’un auteur si tu ne sais pas si son style va te plaire. Et à l’inverse, il est également impossible de savoir si un auteur que tu ne connais pas va te plaire sans avoir lu l’une de ses histoires.

Non, oublie, en fait : c’est une très mauvaise blague. À cause de ce fichu paradoxe, des milliers de lecteurs passent à côté d’auteurs dont ils pourraient pourtant tomber amoureux dès la première ligne, parce qu’il faut que quelqu’un – un copain, un libraire, un éditeur, un commentaire Amazon anonyme et atroce écrit par un jaloux – te recommande le récit pour te convaincre d’y jeter un œil.

Venons-en au fait : est-ce que mes histoires sont faites pour toi ? Est-ce que ça vaut le coup de télécharger une de mes nouvelles gratuites, d’acheter un recueil où l’une d’elles est publiée, ou de lire gratuitement les premières pages de mon roman ?

Je me suis prêté au jeu de la « classification P3i » (Prose, Intrigue, Intention) proposée par l’intelligente et passionnante Ghaan Ima sur son blog L’Écrivain alchimiste et voilà ce que ça a donné.

Les commentaires sont ouverts ci-dessous si tu as envie de faire de moi un meilleur écrivain en m’indiquant ce qui manque – ou pour m’avertir si jamais tu trouves ce programme alléchant !

 

Ligne éditoriale

  • De la science-fiction : qui est pour moi le genre avec le plus de perspectives d’ouverture. J’ai bien des projets en littérature blanche, mais ils attendront. Le fantastique et la fantasy ne m’inspirent pas : ça viendra peut-être plus tard…
  • Du réalisme : pas de pulp avec des superhéros trop parfaits ou de technologies « magiques ». Ma science-fiction est réaliste ou au minimum plausible, avec des explications techniques plus ou moins détaillées.
  • Du numérique : ça tient davantage à ma profession (formateur dans le secteur digital) qu’à mon amour du cyberpunk, qui est un sous-genre que j’apprécie, sans plus. Mes histoires sont souvent émaillées de réseaux numériques, d’intelligences artificielles, d’androïdes, de réalité virtuelle, parfois comme éléments de décor… parfois plus.
  • De l’introspection : mes histoires placent des personnages dans des situations compliquées qui les forcent à prendre des décisions difficiles et subir toute une série d’émotions. J’aime me plonger au plus près de leur état mental en décrivant et analysant leurs questionnements, leurs doutes, leurs peines. Sans être barbant, bien sûr.
  • Des questionnements : la science-fiction interroge le réel, et mes histoires visent d’abord à divertir, ensuite à faire réfléchir en posant une question et en tentant de proposer une interprétation. Quelques exemples :
    • Que serait l’humanité si elle était composée uniquement de clones ? (Mémoires d’un Jumeau sans double)
    • Si l’humanité parvenait à se numériser pour échapper à une catastrophe écologique, comment renaîtrait-elle ? (Le Diptyque Biocyberpunk)
    • Une intelligence artificielle peut-elle remplacer enquêteurs et détectives ? (Le Criminologue était presque parfait)

 

Style de prose

  • une écriture graphique et visuelle. Évidemment, ce n’est pas aussi fluide et rigolo que les articles de SF Zone, parce qu’on ne raconte pas une histoire comme on fait un cours d’écriture.
  • des enchaînements d’idées, d’arguments et d’hypothèses. Un personnage doit réfléchir et se poser des questions sur sa situation pour prendre les bonnes décisions – hem, disons plutôt les meilleures possibles. Il ne peut pas foncer tête baissée à chaque instant, alors il y a des temps introspectifs… et des temps pour la baston.
  • des dialogues percutants avec des personnages qui jouent avec les intentions de l’autre, le surprennent pour mieux te surprendre… et s’engueulent sans arrière-pensée quand il le faut.
  • (La plupart du temps) Un point de vue interne à la première personne où tu incarnes le personnage, tu ressens ses émotions et ses doutes, découvres les événements en même temps que lui et entends dans sa tête les arguments qui lui dictent ses choix. C’est mon point de vue préféré, que certains détestent. Essaie-le avant de dire non d’emblée.
  • de l’humour décalé ou du deuxième degré, qui vient manifester en général la contrariété et la frustration des personnages
  • des jurons : mes personnages parlent franchement quitte à inventer des insultes. Après tout, ils ne sont pas censés savoir qu’un vilain curieux les écoute et s’immisce dans leur cerveau.
  • de la science (vulgarisée) : quand les enjeux sont technologiques (hard science) ou sociologiques (soft science), il faut savoir expliquer en détail pourquoi et comment. Mais sans (trop de) descriptions fastidieuses, toujours le plus tard possible, et parfois dans la bouche d’un personnage qui y mettra ses mots à lui – et son humour quand c’est possible.

 

Style d’intrigue

  • Histoire structurée : mes intrigues se placent dans des univers riches avec des personnages contrariés plongés très vite dans l’action. Action que je ne peux pas ralentir pour t’expliquer des concepts que les personnages savent déjà, hé, banane. Tu devras donc faire un effort pour absorber certaines notions bizarres, comme dans tout récit de l’imaginaire. Et ta patience sera récompensée, car toute question mise en suspens fait bien sûr partie d’un plan préparé à l’avance. Gniark, gniark.
  • Chute de dominos : j’aime à dire que j’installe dans mes récits « assez de fusils de Tchekov pour envahir la Russie » : mes récits sont émaillés d’éléments en apparence anodins ou superflus qui s’emboîtent et finissent par faire sens, parfois tard, lorsque la Russie est soudain envahie en quelques minutes par des dizaines de sous-intrigues non résolues en même temps. Oups.
  • Une fin claire : certains aiment les fins floues et oniriques qui laissent place à l’interprétation du lecteur. Pas moi. Chaque situation trouvera son issue avant le point final. Et sinon… rendez-vous au tome suivant.

 

Intentions et engagement

  • Aller au bout : avant d’écrire, je réfléchis longtemps à un thème pour trouver la bonne idée, puis je réfléchis encore plus longtemps pour la pousser dans ses retranchements au maximum. Toi comme moi détestons gaspiller du temps à lire et écrire des choses déjà lues. Détruire des univers, faire s’effondrer des civilisations, bâtir un roman entier sur des faux-semblants, atteindre la plus extrême limite, renverser totalement un paradigme… ça ne me fait pas peur. Et toi ?
  • Twist(s) de fin : tenter de te surprendre avec un twist renversant (mieux encore, avec plusieurs à la suite). À lire, c’est jubilatoire, et à écrire, c’est trippant de t’imaginer changer de couleur et m’insulter à voix haute. Gentiment, et avec le sourire, avant que tu ne te mettes à tout relire pour comprendre où tu t’es fait avoir.
  • Montrer des lendemains qui chantent : la SF dystopique sombre ou post-apocalyptique, très peu pour moi. Tout ce qui s’achève doit forcément recommencer, aussi à de rares exceptions près, toutes mes histoires se terminent par une résolution optimiste. Au post-apocalyptique névrosé et resucé jusqu’à la moelle, j’oppose par exemple le post-post-apocalyptique, une renaissance et une ouverture vers un monde nouveau. Mais si mes héros gagnent, ils prennent pas mal de bosses au passage… quand ils n’acceptent pas de gagner que contraints et forcés.
  • Dénoncer l’absurdité des inégalités en les omettant : la question du rapport hommes-femmes, de l’appartenance ethnique, des religions, du genre, de l’orientation sexuelle, du partage des richesses sont des « problèmes » qui, dans un monde idéal, ne devraient pas en être. C’est peut-être naïf, c’est peut-être s’aveugler, mais ces biais sont éliminés de mes récits pour mieux démontrer qu’on peut très bien s’en passer. I have a dream… Ne faisons pas que l’espérer : montrons à quoi pourrait ressembler ce rêve sans ces filtres qui nous empoisonnent le cerveau.

 

Un dernier secret pour les courageux qui ont lu jusqu’au bout

Fais bien attention aux titres de mes romans et nouvelles. Il s’agit souvent de titres à clés qui révèlent de façon cachée l’issue de l’histoire. À bon entendeur…

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