Logiciel d’écriture : Pourquoi ton traitement de texte est ton pire ennemi

Ah, les logiciels d’écriture.

Un vaste sujet. Un vaste programme, comme aurait dit De Gaulle à propos des cons. Je ne suis pas le premier à aborder ce sujet et je ne serai certainement pas le dernier.

Chaque écrivain a sa préférence ; cela tient en général au fait d’être en phase avec le logiciel que l’on utilise, de connaître ses fonctionnalités et de les maîtriser à la perfection, au point de pardonner ses petites imperfections, justement. De nombreux écrivains utilisent également tout un tas d’outils secondaires pour booster leur productivité au maximum.

Mais je crois que le véritable problème pour beaucoup d’écrivains, et plus précisément les écrivains en devenir, c’est qu’ils ignorent que des logiciels d’écriture performants existent.

(Mille mercis Jérôme pour avoir révélé la sinistre vérité.)

Word et moi, une longue histoire de (dés)amour

En 1999, à l’université, j’ai eu l’insigne honneur d’avoir eu droit à trente heures complètes de cours de Microsoft Word. Si si, des cours uniquement dédiés à ça.

Hé, c’est pas pire que d’autres cours que j’ai eu qui eux étaient destinés à m’apprendre à me servir de logiciels qui n’existent plus.

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Si au moins c’étaient des carrés de chocolat. Penses-tu.

Loin de regretter ces heures, celles-ci m’ont permis de passer du statut de padaword à maître Wordaï en un rien de temps. Les taquets de tabulation, tableaux à colonnes transparentes égalisées en largeur, tables des matières personnalisées et premiers pieds de page de section identiques au précédent n’ont plus aucun secret pour moi.

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Comment changer Clippy pour le transformer en chaton : check.

Grâce à ces cours et à un excellent pédagogue, je suis devenu un expert de Word. J’ai rédigé des milliers de courriers et d’articles, des mémoires, des études et des rapports qui ont impressionné de nombreux profs et supérieurs hiérarchiques durant ma carrière professionnelle. L’autre carrière, hein. Tu sais, celle qui permet de mettre du beurre dans les nouilles – en fait non : des nouilles dans l’eau. Et de l’eau dans la casserole, d’ailleurs, maintenant que j’y pense.

Évidemment, je me suis aussi servi de Word pour écrire mes histoires, comme tu le fais peut-être en ce moment. Enfin, pour être précis, c’est ce que je faisais avant.

Oui, avant de me rendre compte que ce logiciel – tout comme ses équivalents, ne soyons pas sectaires – c’était de la merde en barre pour écrire un roman.

Un traitement de texte n’est pas un logiciel d’écriture

Word, Google Docs, Libre Office, etc. sont des traitements de texte. Ils sont adaptés pour un usage bureautique classique pour la production de documents qui ne contiennent pas toujours que du texte et en général destinés à l’impression. Ils sont en tous points parfaits pour cet usage.

Alors bien sûr, tu vas me rétorquer que tes histoires sont elles aussi destinées à l’impression. Petit malin.

Oui mais voilà, tu sembles oublier quelque chose : l’écriture d’un roman et sa publication représentent deux étapes totalement différentes. Les traitements de texte permettent de faire les deux, mais ils privilégient d’abord la publication.

En d’autres termes, ils proposent un immense éventail de fonctionnalités qui ne font que parasiter tout le processus d’écriture qui précède.

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« On a un parasite ! QUI a activé le suivi des modifications ? »

L’alignement des paragraphes, le changement de style pour générer des titres et sous-titres, l’ajout de tables des matières, la personnalisation des en-têtes et pieds de page, et puis bien sûr tout le paramétrage initial des polices, interlignes, taille du texte, et ces satanés sauts de page et sauts de section.

Sans parler du correcteur orthographique qui perd la boule dès que tu t’essaies à un style d’écriture un peu différent et change ton texte sans demander la permission en plein milieu de la superbe phrase que tu étais en train de composer.

Des parasites, tout ça. Des micro-interactions destinées à la publication qui t’empêchent de te concentrer sur ce qui compte vraiment pour un écrivain : l’é-cri-ture.

Plus précisément, qui t’empêchent d’entrer en état de flow, le Graal de tout écrivain. Cet état de grâce magique qui te permet d’écrire sans effort des textes fabuleux mais qui a ce défaut d’exiger un temps plus ou moins long pour se mettre en branle suivant tes habitudes, ton expérience et bien entendu, ta capacité de concentration.

Or, je regrette de te l’apprendre, Word et ses équivalents ne sont pas conçus pour te permettre d’atteindre cet état de concentration optimal.

Lionel Davoust a une jolie métaphore pour représenter cela : « l’impression de labourer un champ de cailloux avec son cerveau ». Ce en quoi il a tout à fait raison.

Comment je suis passé de Word à un logiciel d’écriture professionnel : Ulysses pour Mac

En 2016, j’ai décidé de sortir du placard en m’affirmant comme un écrivain de science-fiction, ce qui a eu deux effets particulièrement positifs dans ma vie.

Le premier, c’est que j’ai décidé de lancer ce blog, en surmontant ce non-problème de légitimité qui m’a fait perdre de précieuses années à tourner autour du pot.

Le second, c’est que j’ai décidé qu’il était temps de me sortir les doigts du cul et de consacrer du temps à ce qui me rendait vraiment heureux dans la vie : écrire des histoires de science-fiction.

Ce qui signifiait également passer la seconde sur ma production d’écriture, et notamment trouver le moyen de me débarrasser de tout ce qui pouvait la parasiter côté outils.

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« Pour combattre le parasite, il faut comprendre le parasite. »

En cherchant des alternatives, je suis tombé sur Ulysses, un logiciel d’écriture pour Mac (sorry, PC guys) qui a été conçu spécialement pour être utilisé par des écrivains professionnels plutôt que par Ghislaine de la compta ou Roger du courrier.

J’ai donc testé Ulysses en 2016 durant les quinze jours d’essai proposés et je n’en ai pas cru mes yeux. Il m’a fallu deux soirées entières pour rapatrier dessus les milliers de pages produites durant les dix années précédentes, une fois investis les quelques euros demandés.

Alors quand, deux ans plus tard, j’entends que d’autres écrivains de mon entourage triment encore leur mère avec un logiciel inadapté parce que c’est malheureusement le seul qui connaissent, je ne peux pas m’empêcher de taper des deux poings sur la table en me levant. Parce que ça suffit.

Écrire est probablement l’une des choses les plus difficiles à faire au monde. Écrire avec un outil inadapté, et j’oserais même dire handicapant, ce n’est plus difficile : c’est masochiste.

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