Concevoir une technologie de science-fiction crédible et réaliste en 6 étapes (Part 1)

1. Comment aborder les technologies dans ton histoire de science-fiction
2. Concevoir une technologie SF crédible et réaliste en 6 étapes (Part 1)
3. Concevoir une technologie SF crédible et réaliste en 6 étapes (Part 2)
4. Concevoir une technologie alien

Concevoir ? Pas inventer ?

Non, non, terminées, les inventions. Dans cet article, on n’imagine plus, on fabrique.

Si tu n’en es pas encore là, si tu n’as pas encore d’idée précise de technologie imaginaire à développer pour ton histoire, lis d’abord l’article précédent :

Sinon, retrousse tes manches, prépare-toi un bon café et mets tes écouteurs, parce que tu vas avoir du pain sur la planche.

Tout d’abord, mettons les choses au clair : tu peux très bien te passer de cet article pour concevoir une technologie imaginaire. Tout simplement parce que, comme on l’a vu dans l’article précédent, elle peut se résumer à un gros bouton rouge qui aura l’effet que tu voudras bien lui donner pour servir ton histoire de science-fiction. Sans compter qu’il existe une myriade de technologies imaginaires mythiques dans lesquelles tu peux piocher sans vergogne pour t’en servir de décor. Je suis sûr que tu en connais assez pour t’occuper durant plusieurs vies d’écrivain.

Mais si ton objectif est de satisfaire un lectorat avide de nouveauté et d’originalité, ce que tu vas devoir faire est beaucoup plus difficile.

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Un éditeur. Je voulais dire satisfaire un éditeur, bien sûr.

Déjà, il faudra que la technologie que tu imagines soit la plus crédible possible aux yeux de tes lecteurs, de sorte qu’ils puissent s’immerger en toute fluidité dans ton histoire, sans être surpris par des incohérences ou des illogismes qui seront du plus mauvais effet.

Gagner en crédibilité, c’est déjà beaucoup. Mais tu peux encore aller plus loin si tu en as envie – et si tu as assez de bravoure – en allant lorgner du côté de la hard science. Cette fois, ta technologie devra être réaliste en plus d’être crédible et là, crois-moi, on se risque vraiment en terrain dangereux.

Si tu ne te sens pas à l’aise avec les notions de crédibilité et de réalisme en science-fiction, je t’invite à lire d’abord cet article :

 

Étape 0 : Pense ta technologie comme si c’était une vraie

Ne vois pas cela comme une étape de conception à proprement parler. L’idée de cette étape préliminaire est davantage de te placer dans le meilleur état d’esprit possible avant de commencer à travailler.

Ne considère pas ta technologie comme si elle était imaginaire. Considère-la comme si elle était vraie. Imagine-toi non comme un écrivain, mais comme un inventeur travaillant sur de vraies technologies pour une vraie entreprise. Par analogie, le travail d’un écrivain serait ici identique à celui du département marketing : donner un nom sympa à l’invention puis imaginer une forme attrayante et originale pour pouvoir la vendre au plus grand nombre de lecteurs.

Terminé, tout ça. Tu ne te contentes plus d’effleurer la surface des choses, tu rentres dans le dur, dans le brut, dans le concret. Imagine-toi comme le responsable d’un centre de recherches futuriste, disposant de laboratoires modernes, d’assistants compétents, d’appareils de mesure et de prototypage performants et de bases de données complètes pour travailler, et qui s’est levé ce matin avec la ferme intention de s’en servir.

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Surtout des bases de données. Hélas.

Le truc, c’est que ta réunion de la veille ne s’est pas bien passée parce que Krüger, du département Sextoys comestibles, a présenté un nouveau prototype et piqué tous les crédits que tu espérais. Et que, pour te refaire, il faut que tu envoies du lourd, un truc qui ridiculisera ses capotes à la Tagada jusqu’au prochain exercice budgétaire et même au suivant.

Ou autre situation bien pire : tu es un exobiologiste sur une colonie lointaine isolée et livrée à elle-même. Si tu ne conçois pas fissa la technologie qui va bien, tous les péons vont se mettre à crever les uns après les autres et pas un n’en réchappera d’ici la fin de l’année. Plutôt une bonne motivation pour sortir les éprouvettes et nettoyer les microscopes, non ?

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Bien qu’il soit clair que ces bouseux ne te méritent pas.

Et puis surtout, tu n’es pas comme ces cocos du marketing qui s’imaginent qu’en vendant du rêve, on va bien tomber sur un ou deux gogos stupides qui y croieront. Non, toi, tu n’es pas là pour balancer de la poudre aux yeux. Tu es là pour inventer une technologie concrète, fiable, pratique, durable dans le temps et qui pourra servir au plus grand nombre.

Une technologie qui ne finira pas à la poubelle un mois après sa sortie parce qu’elle sera passée de mode ou inutilisable, mais une technologie qui sera jalousée, copiée par des concurrents et améliorée par d’autres inventeurs. Une technologie qui sera utilisée quotidiennement par des millions et même des milliards de personnes, sans même y penser, parce qu’elles en auront pris l’habitude, de même que leurs enfants, et les enfants de leurs enfants.

Oui, une technologie qui changera à jamais la face du monde, et ce de manière durable.

Te voilà gonflé à bloc ? Prêt à te mettre au boulot ? Alors c’est parti.

Étape 1 : Décide des limites

Les béotiens s’imaginent toujours que la science-fiction n’a aucune limite, parce qu’elle existe justement pour nous permettre de nous affranchir de toutes celles que nous connaissons. Que la seule limite que nous avons est celle de notre imagination, et que d’abord, comme disait Einstein, l’imagination est plus importante que le savoir, et bla bla bli, et gna gna gna.

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« Et ceux qui croient le contraire n’utilisent que 10 % de leur cerveau. »

Des foutaises, tout ça. Ce n’est vrai que dans une certaine mesure. La Science-fiction avec un grand S, elle, ne souffre d’aucune limite, c’est juste. Mais la technologie imaginaire que tu vas concevoir doit en avoir. Si tu ne connais pas toi-même les limites de ta propre technologie, ceux qui te liront ne les connaitront pas non plus et se retrouveront dans l’expectative.

Ils ne pourront pas la voir. Ils ne pourront ni l’entendre, ni la sentir, ni même la manipuler. Il ne pourront que s’en faire une idée imprécise, qui dépendra à la fois de leur culture en matière de science-fiction et de leur propre vécu. Tout ce qu’ils pourront tenter, ce sera l’extrapoler en s’appuyant sur chaque phrase, chaque mot, chaque expression imagée que tu utiliseras pour la désigner dans ton récit.

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« Le véhicule était doté d’un détecteur d’obstacle, si bien qu’un aveugle aurait pu le conduire. »

C’est pourquoi tes lecteurs ont besoin d’un cadre. Ils ont besoin de savoir ce qu’il est possible de faire ou non avec ta technologie afin de la conceptualiser dans leur esprit.

Tu peux indiquer à tes lecteurs des limites de toutes sortes. Des dizaines, des centaines, même, qui ajoutées les unes aux autres l’aideront à conceptualiser ta technologie non comme eux l’envisagent, mais comme toi, son inventeur, tu as décidé qu’elle devrait être.

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Parce que si tu ne fais pas ce travail et que tu désignes ta technologie comme, par exemple, « un destructeur de mondes », le lecteur ne s’imaginera pas ça…

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… mais ça.

Quelques exemples de limites que tu peux utiliser :

  • Limites spatiales : dimensions, distance, volume, densité, matériaux de construction…
  • Limites temporelles : durée d’utilisation, durée de fonctionnement en fonction de la source d’énergie, durée de vie, délai de construction, délai d’obtention et même de fabrication des pièces détachées…
  • Limites d’action : jusqu’où vont les effets de la technologie en nombre de kilomètres, en jours, en années-lumière, en degrés celsius, en magnitude sismique, en boulons de douze ? En bref, jusqu’où est-ce que ta technologie est capable de fonctionner ?
  • Limites physiques : probablement les plus importantes. Ta technologie a-t-elle une influence sur la gravité, les forces d’inertie, la nature des atomes, le tissu dimensionnel, la matière noire ou toute autre spécificité physique de notre univers ? Utilise-t-elle des propriétés chimiques ésotériques comme une soi-disant « matière d’origine inconnue » qui impliquerait d’imaginer tout un nouveau pan des sciences physiques parce qu’elle ne serait pas constituée d’atomes ? Fait-elle appel à des propriétés physiques qui n’existent pas dans notre univers – ce qui impliquerait d’imaginer dans le détail les lois physiques de cet autre univers ?

Et ce ne sont là que des questions futiles par rapport à celles que se poserait un vrai scientifique.

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Ou pire : un fan.

Bien sûr, ça donne un peu le tournis, toutes ces conneries. L’objectif, heureusement, n’est pas que tu répondes à l’ensemble de ces questions lorsque tu conçois ta technologie. Il est que tu puisses piocher certaines d’entre elles afin de délivrer au lecteur les informations qui lui éviteront, à lui, de s’en poser en plein milieu de l’histoire. Le tout étant de trouver un équilibre pour que ces informations soient exprimées de manière fluide dans l’histoire, sans donner l’impression de lire un mode d’emploi.

Étape 2 : Tiens-toi aux limites que tu t’es imposées

Les limites que tu auras choisies vaudront sur tout le temps de ton intrigue, bien sûr, mais elles vaudront aussi dans le temps réel. Le temps normal, je veux dire, celui où toi, moi, tes lecteurs, évoluent, naissent et meurent.

Eh oui : il faut te rendre compte que l’avenir est ainsi fait que tu pourrais bien un jour te mettre à écrire des suites à ton histoire que tu n’avais pas prévues, auquel cas il faut songer que, quelle que soient les futures intrigues que tu imagineras, tu seras contraint pour toujours de t’en tenir aux limites fixées au départ.

Imaginons que tu précises dans le premier tome que ta technologie n’est utilisable que dans un rayon d’un kilomètre, parce que l’histoire se déroule sur une planète et que tu n’as pas jugé nécessaire de la faire fonctionner à plus grande échelle. Eh bien, dans ce cas, tu ne pourras pas l’utiliser dans le second tome si celui-ci est un space opera, où les échelles de distance ne sont plus du tout les mêmes.

Et ne t’imagines pas pouvoir t’en sortir en te disant que ce n’est pas parce que tu auras écris à la page vingt du premier tome « dans un rayon d’un kilomètre » que les lecteurs du tome deux, trois, cinq ou dix-neuf l’auront oublié. Au contraire, ils se souviendront. Ils auront tout enregistré dans leur cerveau, aussi bien que s’ils l’avaient gravé sur un support indestructible, caché dans un coffre blindé verrouillé à triple-tour dans les tréfonds d’un bunker.

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Ou mieux, dans les tréfonds d’Internet. (Ceci est la version de 1977.)

Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que la première fois qu’ils liront la page vingt, ils se feront une construction mentale de ta technologie qui inclura les limites que tu leur auras indiqué. Et que ce n’est pas de la phrase de la page vingt dont ils se souviendront au moment de lire le tome dix-neuf, évidemment : c’est de leur construction mentale du départ, à laquelle leur esprit fera appel inconsciemment, automatiquement, sans même y penser, à chaque fois que ta technologie sera mentionnée dans tes bouquins.

Tu pourrais encore changer la limite dans des éditions suivantes que le problème serait le même : tes lecteurs, tes premiers lecteurs, ceux avec la première édition dans leurs étagères ou leur bibliothèque municipale, eux sauront. Ils sauront et ne manqueront pas de révéler au reste du monde ton ignoble tricherie, de créer la polémique et de demander réparation, justice et toute cette sorte de choses qui couleront ta maison d’édition et placeront ta carrière au pilori.

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Tu n’as qu’à voir ce qui est arrivé à Georges.

Donc, encore une fois, apporte la plus grande attention aux limites que tu fixes au départ, même si elles te semblent anodines.

Parce que sinon, pour le dire vulgairement, tu l’auras dans le cul.

Étape 3 : Pense en quatre dimensions

Ah si, au temps pour moi. Si jamais tu te retrouves coincé par des limites trop restrictives décidées à la hâte, il existe une façon de t’en sortir, en fin de compte. C’est de sortir de ton chapeau la version 2.0 de ta technologie.

Après tout, si tu t’engages dans l’écriture d’un cycle d’histoires successives, il y aura de bonnes chances pour que l’univers dans lequel tes personnages évoluent… eh bien, évolue. Le temps n’est pas figé. Sur Terre, entre deux générations d’âge, on voit bien des choses changer du tout au tout : les moeurs, les codes vestimentaires, le langage et, évidemment, les technologies.

Si tu laisses passer vingt ou trente ans entre deux intrigues d’une même histoire, tu peux parfaitement décider que ta technologie aura autant évolué que, mettons, entre le minitel et Internet, ou entre le téléphone fixe et le téléphone mobile.

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« Ceci est une révolution. Et cela va tout changer. » – Steve Jobs

Puisque tu réfléchis, en écrivant tes histoires, à l’évolution de tes personnages, qui grandissent, ont des rejetons, vieillissent et meurent, tu devrais être tout à fait capable de réfléchir également à l’évolution de ta technologie. Mais il ne s’agit pas de lui ajouter une petite couche de peinture et un nouveau nom (comme le ferait le département marketing, si tu vois ce que je veux dire). Il faudra que tu répètes le même processus depuis le départ, en revoyant et les règles et le cadre de la nouvelle version de ta technologie.

S’agira-t-il d’une simple évolution pour la rendre un peu plus puissante, ou bien carrément d’une « innovation de rupture » qui fonctionnera selon des principes entièrement différents afin d’obtenir une efficacité décuplée et de nouveaux effets qui n’étaient pas prévus au départ ?

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Vraiment pas prévus.

Et il y a autre chose. Lorsque l’on pense en quatre dimensions – la quatrième étant la dimension temporelle, tu l’auras compris – il faut penser que le temps ne s’écoule pas nécessairement dans un seul sens.

Connais-tu Ralph McQuarrie ? Il s’agit du designer mythique à qui l’on doit l’atmosphère visuelle des trois premiers Star Wars. Outre ses superbes visuels, la vraie nouveauté, si j’ose dire, qu’il a introduite dans les films de science-fiction de l’époque, est une technologie vieillie, usée par d’innombrables usages, ventes et reventes, bousillée par les tempêtes de sable et par la guerre.

Le concept de « futur usé » te paraît peut-être commun aujourd’hui, mais pour l’époque, c’était inédit. Les vaisseaux spatiaux de Star Trek et de Flash Gordon étaient toujours rutilants et chromés, les villes éclatantes de cristal et de lumière, les costumes impeccables. Pas une peluche sur l’épaule, rien.

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On lui doit aussi la fin des rivets apparents, une mode qui datait tout de même de la Tour Eiffel. (Flash Gordon, 1980)

Dans Star Wars, on a des glisseurs futuristes, oui, mais vendus d’occasion à prix cassé sur Le Bon Coin parce qu’un nouveau modèle vient de sortir. Des vendeurs de pièces détachées rouillées qui refourguent leur came à la sauvette. Le Faucon Millenium, un vieux cargo corellien, n’est ni plus ni moins qu’une poubelle volante gagnée par un type bourré durant une partie de sabacc, qui y a ensuite apporté, comme il aime à le dire lui-même, « tout un tas de petites modifications spéciales ».

Autre conséquence des effets du temps : pour les trois épisodes plus récents de la série, qui se déroulent environ quarante ans plus tôt, les designers des films ont eu l’idée de faire rétro-évoluer les technologies en envisageant différents modèles plus anciens de vaisseaux ou de machines.

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Chasseur TIE, je suis ton père.

Les mythiques chasseurs TIE de l’épisode IV, déjà déclinés en toutes sortes de variantes dans les épisodes originaux (intercepteur, éclaireur, bombardier, prototype expérimental, etc.) ont ainsi été décomposés dans les épisodes I, II et III sous forme d’anciens modèles ayant précédé les chasseurs en question. Des éléments du modèle de départ se retrouvent ainsi partout dans ces films, par petites touches plus ou moins discrètes. À noter que le même travail a été accompli en ce qui concerne les chasseurs X-Wing de l’Alliance rebelle et bien d’autres technologies mythiques de l’univers Star Wars.

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Un travail qui a hélas pompé tout le budget dédié au scénario.

Donc, pour en revenir à la technologie que tu as imaginée, tu peux lui apporter en toute simplicité un véritable vernis d’authenticité, une patine, simplement en lui donnant une apparence usée ou bien en évoquant l’existence de prototypes ou de versions plus anciennes.

Une dernière technique efficace : évoquer les problèmes logistiques, le temps de développement, de fabrication et de diffusion de ta technologie imaginaire. Ceci pour permettre au lecteur de situer les choses dans un ensemble plus grand, même s’il n’est qu’esquissé dans l’histoire, et donner là aussi un surcroît de véracité à ton idée.

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« Je constate surtout, Moff Jerjerrod, que vous en laissez un bon paquet plantés là à rien foutre. »

C’est à ce genre de petits détails anodins en apparence que tu pourras bâtir des fondations solides qui assoieront de manière aussi certaine qu’efficace la crédibilité de ta technologie auprès de tes lecteurs.

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  • Stéphane “Alias” Gallay

    Plein d’excellents conseils, bravo. J’aime beaucoup l’idée de faire rétro-évoluer la technologie et de penser que les innovations d’aujourd’hui seront les occases un peu poucraves de dans trente ans.

    • Merci beaucoup Stéphane ! C’est loin d’être une idée nouvelle, mais c’est peut-être une idée qu’on oublie souvent d’employer.

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