5 bonnes raisons de te remettre à écrire de la science-fiction

Parce que tu as déjà écrit plus que tu ne le penses

Mille deux cents pages.

1 200 pages en quinze ans, tu te rends compte ? Une fois imprimées, ça représente un sacré tas de papier.

Mais comme je n’imprime jamais rien, elles n’étaient pas sur mon bureau à faire barrage devant l’écran. Du coup, je ne m’étais pas rendu compte que j’en avais écrit autant.

Jusqu’à hier soir.

Il a fallu que je centralise toute ma production au même endroit pour obtenir ce compte. Ça m’a pris deux soirées entières.

Et encore, ça n’inclut pas les notes rédigées sur de petits carnets sur lesquels je griffonnais encore voilà quelques années. Si ça se trouve, c’est peut-être plus proche de 1 400.

Et je ne compte pas non plus les schémas, les cartes, les dessins, les croquis, les logos, les drapeaux, les plans d’architecture et les comptes de résultats financiers que j’ai imaginé pour donner sens à mon histoire.

Oui, des comptes de résultats financiers. Tu peux bien rire et mettre ma santé mentale en doute, mais je t’assure que dans ma vision, ils faisaient sens au moment où je les ai réalisés.

Parce qu’il serait stupide de ne pas le faire

Mille deux cents pages, je peux te dire que j’ai été scié.

Ensuite j’ai vécu un bon coup de déprime, assaisonné d’une forte dose de culpabilité.

Imagine un type qui écrirait autant de pages et n’en ferait strictement rien. Qui les laisserait pourrir sur son ordinateur, ajoutant quelques pages de temps en temps pour tenter de se prouver qu’il en est capable, mais sans jamais faire en sorte de réussir la seule chose qui compte vraiment : terminer un foutu livre.

Un tel type serait stupide. Ce que j’ai été, je n’ai pas honte de te l’avouer.

Je suis convaincu qu’il existe en France des centaines de personnes qui ont produit autant, sinon plus que moi, en gardant pour eux toute cette science-fiction inachevée.

Je suis également convaincu qu’il en existe encore plus qui ont envie d’écrire, de se mettre devant leur ordinateur pour matérialiser leurs idées, leurs rêves, les personnages et les paysages épiques qui peuplent leur esprit sans parvenir à y arriver.

Toutes ces personnes sont loin d’être stupides.

Au contraire, elles sont formidables.

Parce que tu es formidable

Si tu me lis et que tu te trouves dans ce cas, sache-le : tu es formidable.

Ce n’est pas un simple mot que je dis là. C’est une vérité lourde de sens. Tu es capable de mettre des individus qui n’existent pas dans des situations qui n’existent pas, de les plonger à des époques qui n’ont pas encore eu lieu et de les confronter à des règles d’univers qui ne sont pas toujours les nôtres.

En d’autres termes, tu es capable de pousser l’idée même d’humanité dans ses plus lointains retranchements.

Je t’assure que ce n’est pas quelque chose que tout le monde sait faire.

Pour ma part, je me suis contenté de situer notre espèce une planète imaginaire. Ce qui n’est malgré tout pas une mince affaire, car cette planète ne se résume pas à un nom dans un coin de page. Parmi les 1 200 pages dont je viens de parler, il y en a bien, oh, un tiers qui la décrit en long, en large et en travers, elle et tous ses habitants.

Et j’ai des tas d’histoires à raconter à son sujet. Des tas.

Toi, tu as peut-être des galaxies et des univers dans la tête. Ou plusieurs. À moins que l’histoire que tu rêves d’écrire soit celle d’un couple d’apparence banale qui vit parmi nous sur cette planète.

Ce n’est pas grave. Il n’y a pas de petite histoire. Si ce couple vit une histoire si puissante qu’elle bouleverse la vie de tous ceux qui la lisent, nul univers, si vaste et merveilleux soit-il, ne lui arrivera à la cheville.

Tu es formidable et pour t’en convaincre, je vais commencer par t’avouer une chose : j’ai désespérément envie les connaître, ces univers et ce couple. Et je suis très loin d’être le seul.

Tu es formidable parce que peu de gens sont capables d’avoir ces idées comme tu les as.

Ce n’est pas une question de capacité à écrire. C’est une question de capacité à inventer des histoires capables de faire rêver les autres, de les transporter hors de leur réalité, de leur faire vivre un moment d’évasion et de leur faire ressentir des émotions, qu’elles soient positives et négatives.

Parce que tu écris corps et âme

Jusqu’à hier, j’étais persuadé qu’on ne pouvait se prétendre écrivain que lorsque l’on était officiellement publié par une maison d’édition. Puis j’ai fait des yeux ronds devant ce chiffre de 1 200 pages.

Alors je n’ai peut-être pas été publié, mais j’ai écrit. Beaucoup.

J’ai perdu des nuits entières à triturer des idées dans tous les sens pour trouver une intrigue qui me rendrait muet de stupeur – et accessoirement, d’éventuels lecteurs.

J’ai échafaudé des dizaines d’hypothèses et noirci des pages de croquis pour donner forme à un monde et à un peuple jusqu’à ce qu’ils me soient aussi familiers que ceux de mes livres favoris.

J’ai passé des milliers d’heures à aligner des mots et à les réécrire, encore et encore, jusqu’à ce qu’en les lisant ils disparaissent au profit du sens.

Je me suis engagé corps et âme dans la plupart de ces 1 200 pages. Alors oui, je ne suis peut-être pas un écrivain lu, mais au regard de ce travail, même s’il n’en advient rien, même si tout a été écrit en pure perte, je reste tout de même un écrivain.

Parce que tu as déjà franchi le point de non-retour

Toi aussi, tu es un écrivain. Tu le sais. Tu le sens.

Tu oublies tout ce qui t’entoure lorsque tu rêves à tes histoires. Quand tu ne peux pas leur donner vie, parce que les vicissitudes de la vie t’en empêchent, ou parce que tes doigts se paralysent au-dessus du clavier, la frustration que tu ressens est si forte qu’elle en est douloureuse. Comme le dit ma compagne, tu as « des étincelles dans les yeux » lorsqu’une idée géniale te fait soudain lever de ta chaise en jurant.

Seulement, quelqu’un les connait, ces idées géniales ? Bien sûr que non.

Eh bien, il est temps pour toi de changer deux ou trois trucs dans ta vie d’écrivain. À commencer par assumer le fait que tu en es un, en dépit de tout ce que toi ou d’autres peuvent penser. À commencer par assumer le fait que tu as déjà franchi la SF Zone.

On t’a peut-être rabâché que tes seules limites sont celles de ton imagination. Je l’ai longtemps cru moi aussi.

Car c’est faux : les seules limites que tu as sont celles que tu t’imposes toi-même.

C’est pourquoi sur SF Zone, tu n’apprendras pas à devenir écrivain de science-fiction.

Tout simplement parce que tu l’es déjà.

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