4 raisons d’écrire de la science-fiction si tu n’aimes pas la science

Tu veux écrire de la science-fiction, oui, mais voilà : tu n’es ni physicien, ni mathématicien, ni même chercheur en informatique, et encore moins technicien de laboratoire.

Les sciences, pour tout dire, ce n’est pas trop ton truc.

Comment je vois les problèmes de maths expliqués avec des mots : si tu as 4 crayons et que j'ai 7 pommes, combien de pancakes peuvent tenir sur le toit ? Pourpres, bien sûr, parce que les aliens ne portent pas de chapeau.
Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

Comment je vois les problèmes de maths expliqués avec des mots : si tu as 4 crayons et que j’ai 7 pommes, combien de pancakes peuvent tenir sur le toit ? La réponse est pourpre, bien sûr, parce que les aliens ne portent pas de chapeau.

Si tu as lu de la hard science – si tu penses que ce n’est pas le cas, eh bien… ce n’est pas le cas – tu as peut-être lu la prose de professeurs d’université tels que Asimov, Baxter, Brin et j’en passe.

Impressionné par ces illustres auteurs, tu t’es dit qu’écrire de la science-fiction sans savoir faire de la science, c’était une contradiction dans les termes.

Ce n’est pas faux.

Non : c’est complètement faux.

Raison n° 1 : tout dépend de quelles sciences on parle

Tu peux parfaitement écrire de la science-fiction sans être toi-même un Bac +8 diplômé d’État. En fait, pour tout te dire, il suffit de creuser un peu pour se rendre compte d’une chose assez étonnante :

True fact : les auteurs #SF ne sont pas tous des scientifiques purs et durs Cliquez pour tweeter

Le truc, c’est que quand tu penses « science », tu penses aussitôt astrophysique, tableau de Mendeleiv, télescopes, réactions nucléaires et éprouvettes pleines de trucs qui fument et qui font des bulles. Ce sont les sciences dites dures. Les pures, les vraies, celles qui en ont sous la blouse.

Mais il existe d’autres sciences, celles que les pratiquants des sciences dures qualifient en général de « molles » – note la connotation virilement péjorative.

Elles sont molles seulement dans le sens où l’environnement qu’elles étudient est en constante évolution. Et elles sont aussi scientifiques que les autres, maniant les enquêtes de terrain, les observations pointilleuses et usant de méthodes empiriques éprouvées pour faire avancer la Science avec un grand S (phrase à dire debout la main sur le coeur).

Les sciences humaines, sans doute les plus connues. Les sciences économiques. Les sciences littéraires, comme par exemple la science qui étudie la science-fiction (eh oui).

Il existe même des sciences auxquelles personne n’irait penser une seconde qu’il s’agit de sciences – à part ceux qui les pratiquent, évidemment. Les sciences du management. Les sciences du sport.

Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

La très sérieuse science des drapeaux, ou vexillologie.

Ainsi que les sciences qui étudient les sciences (l’épistémologie). Ou bien encore les sciences qui étudient les sciences qui étudient les sciences.

Ça doit sûrement exister. Tout existe.

Raison n° 2 : il existe des sciences a priori improbables

Oui, tout. Même des sciences improbables à première vue comme par exemple, la science de la classification des documents.

Oui, tu as bien lu. Il existe une science pour savoir comment il faut ranger les livres dans une bibliothèque.

Ne riez pas. J'ai eu mention bien.
Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

Ne ris pas. J’ai eu mention bien.

C’est plus difficile qu’on ne le croit. Tu ne pensais tout de même pas qu’on classait encore tout par ordre alphabétique ? Une bibliothèque non classée, ce serait aussi utile qu’un très gros tas de papier en vrac.

Imagine-toi Internet sans aucun nom de domaine. Comme si pour aller sur Facebook tu devais cliquer sur 25 liens et perdre 10 minutes avant d’arriver sur ton mur. Ce serait infernal.

Si Internet marchait comme ça, tu penses bien qu’en moins d’une heure il y aurait déjà cent petits malins qui auraient commencé à indexer toutes les pages pour savoir où elles se trouvent et qui…

Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

Hééé oui, c’est ça, tu as compris. Qui feraient de la classification.

Conclusion : sans la science de la classification, tu n’aurais pas Google pour indexer le web et te permettre de le requêter (et à raison de 3,5 milliards de requêtes par jour, bande de goinfres). Larry Page, son cofondateur, est actuellement la 12e fortune mondiale.

Grâce à la classification.
Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

Grâce à la classification.

Sans cette science, tu n’aurais peut-être pas Internet et tu ne serais pas en train de lire cet article.

Ce qui m’amène là où je voulais en venir :

Il existe des sciences pour tout. On peut donc écrire de la #SF sur absolument tout Cliquez pour tweeter

Oui, tout. Si tu as un souci de page blanche, pars jeter un coup d’oeil sur le portail des sciences de Wikipedia, et régale-toi, c’est ma tournée.

Raison n° 3 : on peut écrire une histoire de science-fiction sur n’importe quelle science

Partant de là, tout devient possible. Tu pourrais écrire un roman de science-fiction portant sur la science de la classification des documents, si ça te chante.

En fait, tu vas rire, on en a déjà écrit. Plusieurs.

Mon histoire préférée se trouve dans Des milliards de tapis de cheveux, de l’écrivain allemand Andreas Eschbach. On y voit une jeune femme ouvre une petite boîte de documents dans une gigantesque bibliothèque. Elle n’a l’air de rien, cette petite boîte, mais elle révèle le mystère qui pesait sur un millier de planètes depuis des milliers d’années.

La fille relève les yeux, découvre les centaines d’autres étagères autour d’elle, imagine les dizaines d’autres niveaux de la bibliothèque qui en contiennent tout autant. Elle demande alors au vieux bibliothécaire qui se trouve à ses côtés de lui dire ce que ces étagères contiennent.

Et là, le vieux la regarde, l’oeil brillant, l’air de celui qui sait, l’air du joueur de poker qui a une quinte flush dans la main et se fiche qu’on sache que c’est le cas1. Il lui répond, évasif : « Oh, d’autres histoires ».

Et hop, vertige, vision d’infini, sense of wonder. Bam ! Et ce, tu l’auras noté, avec la science de la classification des documents. Total respect.

En plus, la meuf finit avec le bibliothécaire. Énorme, je vous dis.
Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

En plus, la fille finit avec le bibliothécaire. Énorme, je te dis.

Et voici une nouvelle loi de la science-fiction que tu peux accrocher sur ton mur :

En #ScienceFiction, toutes les #sciences ont déjà été abordées. Si. toutes Cliquez pour tweeter

Pas très cool de savoir que des dizaines d’auteurs ont déjà abordé des sciences qui t’intéressent. Mais rien n’est perdu.

Déjà, quelle que soit la science que tu choisiras, tu en feras ta propre interprétation et tu pourras rester original à tous les coups, ne serait-ce qu’en travaillant sur ton intrigue et ton style d’écriture.

Mais si ça ne te suffit pas, il te reste une méthode infaillible qui te permettra de te démarquer à coup sûr. Et pour réussir cela, il te suffira d’aller un peu plus loin dans ta réflexion.

Raison n° 4 : tu peux inventer ta propre science !

Tu es un écrivain imaginatif, non ? Alors imagine !

Invente une science totalement nouvelle. Quoi, ça te semble impossible ? Sache que tu ne serais pas le premier à le faire. L’un des exemples les plus connus nous vient d’Isaac Asimov, qui a imaginé une science humaine aussi crédible qu’une vraie : la psychohistoire. Il l’a théorisée et utilisée dans l’un de ses plus célèbres romans.

Alors bien sûr, tu vas me dire qu’il y a un monde de différence entre toi ou moi et cette prolifique légende.

Mais réfléchis un instant. Toutes les sciences que j’ai énumérées dans cet article ne sont pas apparues d’elles-mêmes : il a bien fallu que quelqu’un les invente.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, on s’échinait à classer les livres de A à Z, lorsqu’un bibliothécaire nommé Dewey en a eu ras la moustache (c’était en 1870, ils en portaient tous) que les étudiants reposent leurs livres en douce n’importe où parce qu’ils avaient la flemme de les remettre là où ils les avaient trouvés.

Ne nie pas, tu l'as fait. J'étais là. Je t'ai vu.
Shares
  • Facebook
  • Twitter
  • Buffer

Ne nie pas, tu l’as fait. J’étais là. Je t’ai vu.

Bon, ça et aussi le fait, j’imagine, que c’était assez pénible d’aller de Poul Anderson au premier étage à Roger Zelazny au sixième.

Sans même s’en rendre compte, Dewey a inventé la science de « l’arrangement des livres » – ça s’appelait comme ça dans le temps. Cent trente ans plus tard, un peu grâce à ses travaux, un autre type inventait Google.

Toi, tu as le privilège d’être capable de te projeter dans le futur, alors, invente les sciences de demain.

La Dronautique. La psychorobotique. La science des trous de ver quantiques.

J’ai dit : invente les sciences de demain. Ça, ce sont des sciences d’aujourd’hui. Elles existent déjà. Eh oh, les mecs (et les filles)…

On est dans le futur, bon sang, réveillez-vous ! #laréalitédépasselaSF Cliquez pour tweeter Tags:

Convecteur temporel

Envoie un message vers ton futur et j'y répondrai dans mon présent :

En cours d’envoi
©2018 SF Zone - Réveille l'écrivain de science-fiction qui sommeille en toi !
Pourquoi SF Zone   |   À propos de l'auteur   |   Publications   |   Mentions légales
SF Zone soutient NooSFere, encyclopédie et base de données bibliographique de la science-fiction francophone
Choisis un thème

Pin It on Pinterest

Shares

Cet article t'a plu ?

Partage-le avec ses futurs lecteurs !

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?