2 secrets d’écrivain à connaître pour faire de ton histoire un succès

Un secret partagé par toutes les histoires depuis la nuit des temps

Lorsque l’on débute l’écriture d’une histoire, il est important de connaître quelques règles élémentaires qui sont à la base de tout récit. Tu as peut-être entendu parler de l’archétype du conte, du monomythe, des schémas narratifs ou de tout un tas d’autres choses du même genre. Il s’agit de théories sur la narration qui visent à identifier une « histoire type », plus précisément dans les oeuvres de fiction.

Si tu veux écrire une histoire, tu n’as pas forcément besoin de connaître par coeur toutes leurs théories – et c’est tant mieux, car elles auraient plutôt tendance à brider ta créativité – mais tu dois au moins savoir a minima ce qu’il est ressorti de leurs travaux.

Si tu souhaites écrire une histoire universelle auquel tes lecteurs s’identifieront, c’est donc incontournable. Mais l’idée générale n’est pas que tu calques ces structures narratives au millimètre près.

Connaître les règles du conte pour mieux les transgresser

Là où ça devient intéressant, c’est que si tu connais ces archétypes – du moins leurs bases – et que tu les utilises, tu vas également pouvoir les déconstruire, les casser, les métamorphoser pour en faire quelque chose de différent, ou pour générer des intrigues complètement nouvelles qui sont en décalage par rapport à la ligne classique. Ce qui te permettra donc de surprendre tes lecteurs par une idée d’intrigue originale à laquelle on ne s’attend pas forcément au moment où on la débute.

C’est exactement comme en cuisine. Connaître les bases culinaires – préchauffer le four, mélanger les solides puis les liquides, vérifier la cuisson – va te permettre de créer d’abord des recettes de base, des grands classiques que tu suivras d’abord point par point dans un gros bottin de cuisine.

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« Tout le monde peut cuisiner », Ginette Mathiot

Mais lorsque tu commenceras à maîtriser ces classiques – pas seulement les pâtes au gruyère, mais aussi le gratin dauphinois, la pizza quatre fromages et la ratatouille – tu pourras passer à des choses plus exotiques et plus expérimentales en créant toi-même tes recettes.

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Une pizza dauphinoise et une ratatouille 4 fromages pour la 2 !

Connaître les règles de la construction d’histoires n’est en réalité qu’un premier pas. Le véritable objectif, c’est que tu deviennes capable d’aller au-delà de ce que tout le monde connaît, de ce à quoi tes lecteurs s’attendent, afin d’atteindre une grande originalité dans ton écriture.

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Et enfin, peut-être – peut-être – parvenir à te hisser au rang de tous ces maîtres que tu vénères et adore.

Premier secret d’écrivain : les personnages types

Les structures narratives, monomythe, archétypes, etc., ce sont deux choses importantes.

La première chose, ce sont les personnages types que l’on va retrouver indifféremment quel que soit le conte, l’histoire, le mythe, le film – bref, qui vont se retrouver partout.

En premier lieu, tu as le héros. C’est le chevalier, le jeune qui va affronter son destin et auquel ton lecteur va s’identifier. Il ignore tout de la situation initiale et du vaste monde en général.

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Et il en veut grave.

En second lieu, tu vas avoir ce qu’on va appeler le mentor. Il va aider le jeune héros par exemple en lui donnant un objet magique ou en lui apportant un regard différent sur son existence, une parole de sagesse qui va l’éclairer – et derrière cela, qui va éclairer le lecteur, évidemment. Le mentor peut être n’importe qui : le père du héros, un vieux sage, un ami…

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Un hacker de légende qui deale des objets magiques.

Quelquefois, le mentor est un personnage qui sera sacrifié vers la fin de l’histoire, de sorte que le héros pourra se dépasser et réaliser sa quête sans l’aide du mentor. Et se rendre compte que, finalement, il n’avait pas besoin du mentor et qu’il pouvait la terminer tout seul. Il s’agit d’une quête initiatique.

La quête, parlons-en, justement. Sans elle, le héros n’en est pas un. La quête universelle par excellence, c’est de sauver la princesse, qui représente le troisième personnage type.

La princesse, c’est la récompense ultime – le héros va se marier avec elle à la fin. Quand tu entends princesse, ne pense pas forcément à une fille ou à un être humain de manière générale : il s’agit d’une métaphore. Les « princesses » sont avant tout des buts à atteindre, comme trouver un trésor, rétablir la paix ou sauver le monde.

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Le mentor : « Ouais, ben, commence par me sauver moi. Le monde, ce sera pour les prochains films. »

Évidemment, la princesse ne va pas se laisser délivrer si facilement : le héros va devoir affronter des épreuves. Et surtout un opposant, que l’on pourrait appeler par exemple le dragon – quatrième personnage type d’une histoire. Un personnage en général puissant, avec des acolytes, devant lequel le héros apparaît beaucoup plus faible, mais que ce dernier finira par parvenir à terrasser.

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Parce que sa faiblesse, c’est qu’il adooooore faire des monologues chiants.

Une fois le dragon terrassé, il ne reste plus au héros qu’à délivrer la princesse en haut de sa tour avec les félicitations du mentor – si celui-ci est encore vivant.

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Ou si celui-ci EST la princesse.

Voilà les quatre personnages type d’une histoire, les plus fondamentaux.

Alors, bien sûr, tu as des variantes. Les spécialistes des mythes et des contes se sont amusés à en identifier de nombreux autres, comme le destinateur, celui qui donne la quête au héros, et le destinataire, celui qui en bénéficiera.

Exemple : le roi veut qu’on sauve sa fille, elle lui revient lorsqu’elle est délivrée par le héros, le roi est ici à la fois destinateur et destinataire.

Il existe également le « faux héros », un personnage qui va arriver à la fin de l’histoire pour raconter à qui voudra l’entendre que c’est lui qui a réalisé les épreuves à la place du héros et qu’il mérite sa récompense, mais bien sûr sa tromperie sera révélée à la fin.

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Ce qu’on ne ferait pas pour du boeuf, quand même.

Ainsi que les différents personnages secondaires qui vont accompagner le héros par monts et par vaux, comme le fidèle cheval toujours associé au chevalier ou le lutin / elfe / nain / gnome / marmouset qui aura une attitude ambiguë en commençant par freiner le héros avant de l’aider à réaliser sa quête.

Deuxième secret d’écrivain : la structure narrative

Après les personnages types, on a la structure narrative type.

Une « histoire type », c’est quoi, au juste ? De nombreux spécialistes de la littérature – des narratologues – se sont penché sur cette question et ont repéré des structures, des schémas, des systèmes qui se retrouvent dans tous les contes et toutes les légendes depuis Gilgamesh, la Bible et l’Odyssée… autrement dit depuis la nuit des temps.

L’une des structures types les plus simples est le schéma quinaire, appelé ainsi parce qu’il compte cinq étapes clés.

Première étape, l’introduction, ou situation initiale. On présente le héros dans sa ferme ou sa forêt, il est en général jeune, complètement paumé et ne sait rien faire de ses dix doigts.

Deuxième étape, la complication. Le héros va être perturbé par quelque chose qui va modifier son existence paisible et placide. Il va ensuite être contraint de résoudre lui-même cette complication.

Troisième étape, l’action. Le héros va être conduit à achever toute une série d’épreuves qui vont le mener à la quatrième étape, la résolution de la complication initiale.

Cinquième et dernière étape, la situation finale, qui présente l’équilibre retrouvé en fin d’histoire.

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Mais… c’est comme dans Matrix aussi ! C’est quoi ce bordel ?

À bien y regarder, toutes les histoires de fiction partagent ces archétypes : penche-toi sur les oeuvres de tes auteurs favoris – les films dont tu es fan, les livres qui t’ont marqué, les contes de ton enfance – et tu te rendras compte qu’on les retrouve invariablement dans la plus grande partie des oeuvres de fiction.

On les trouve partout, y compris chez les auteurs les plus modernes. George Lucas a avoué lui-même s’être inspiré des travaux de Joseph Campbell lors de l’écriture de Star Wars. J. K. Rowling également, peut-être sans le savoir, car lorsque l’on lit Harry Potter, on retrouve les archétypes du conte dans ses livres.

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  • Nicolas Habonneau

    Merci pour cet article.
    Cette structure a un nom mais impossible de m’en souvenir sur le moment. En tout cas, la majorité des productions hollywoodiennes la suivent à la lettre, la plus symbolique d’entre elles étant Star Wars. C’est difficile de s’en défaire et, comme vous le dites, on peut s’amuser à la métamorphoser pour la rendre moins visible.

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